Quelques septillions de poèmes
(et même beaucoup plus)
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Les
verbiages à
soixantaine
Les
verbiages à
soixantaine mythifient dans le
muscadier
ils ne
manufacturent pas ces
musardes blessantes et
molletonnées
plénières d'un
sud-ouest qui ne
falune pas
d'alcoolo
les
verbiages à
soixantaine qui sont
patraques et
draconiens
maternent les
feujs avec un
brûlé moussu
ça les
endort mais autour de leurs
épavistes
ils
tombent un
code rond aux deux
polios
à
filé de
béarnaise,
puis
douillent rationalistes
En le
dévirilisant on
tisse un
filé de
soixantaine
dont on
falune pour une
bénévole dangerosité une
rocade
bénévole électivement qu'elle
postérise avec
almée
Quand la
dangerosité mitonne on
entoure la
soixantaine
avec elle et on
plâtre,
sur sa
tombeuse en
octogone,
un
muscadier où sans
fin les
verbiages à
soixantaine mythifient.
Javier Rouelle,
« les
Annamites de tout le
monergol »
(Segovia)
Chaque mot du sonnet original est conservé
ou remplacé aléatoirement par l'un des 9
de même espèce qui le suit dans le Petit Robert.
Les genres & nombres sont respectés, ainsi que
la transitivité ou non des verbes. Il y a un
septillion de poèmes possibles, c'est-à-dire
999 999 999 999 999 999 999 999 999 999 999 999 999 999
nouveaux poèmes en plus de l'original. Accolez-y
même cinq autres 9 si vous comptez la signature &
l'indication bibliographique dans le « texte ».
Il s'agit d'une variante de la célèbre méthode
« S+7 » de Jean Lescure, comme l'était
aussi el Desplazado. Merci à
Nicolas Graner pour ses routines
PHP permettant les tirages aléatoires.
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Les
fers à
noix
Les
fers à
noix fulgurent dans le
terrier
ils
n'arrangent pas ces
bures blèches et molles
fraîches d'un
sacre qui ne
tait pas
de bol
les
fers à
noix qui sont
radiants et
théiers
critiquent un oeil avec un
huis teillé
ça les
déflore mais autour de leurs
guibolles
ils
vissent un
zircon brun aux deux
taules
à
style de
valve,
puis
dopent présurés
En le
présidant on
mire un
style de
noix
dont on
tait pour une
leste trame une
bogue
leste vocalement qu'elle
force avec
talure
Quand la
trame sert on
déterre la
noix
avec elle et on
flatte,
sur sa
trombe en
orobe,
un
terrier où sans
gain les
fers à
noix fulgurent.
Isaac Bembo,
« les
Demi-mots de tout le
conte »
(Jaspers)
Chaque mot du sonnet original est remplacé par
un homophone approximatif. Comme ci-dessus, il y a dix choix
possibles par mot (dont l'original), donc 1042
poèmes fois 105 signatures peuvent de
nouveau être engendrés. Les mêmes routines
PHP de Nicolas Graner sont encore utilisées.
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Les vers ì suae
Les vers ì suae mormorent dins le môraer
als ne mingent pis ces môres blinches et mulles
pleanes d'on socre qoa ne fiat pis d'ilcuul
les vers ì suae qoa sunt pitaents et duoallets
mistaqoent les feoalles ivec on broat muoallé
çi les endurt mias iotuor de leors épioles
als tassent on cucun rund iox deox pûles
ì fal de bive, poas durment rissorés
En le dévadint un tare on fal de suae
dunt un fiat puor one belle dime one rube
belle égilement qo'elle purte ivec illore
Qoind li dime meort un enterre li suae
ivec elle et un plinte, sor si tumbe en uctubre,
on môraer uò sins fan les vers ì suae mormorent.
Jicqoes Ruobiod, « les Inamiox de tuot le munde » (Seghers)
Permutation aléatoire des cinq voyelles a, e, i, o, u,
en conservant les accents initiaux. Il y a 120 possibilités
dont le français original, les 119 autres généralisant
le « patois »
automatique de la première réécriture de ce poème.
[Il s'agit de mon premier essai de code PHP.]
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Les vers à robe
Les vers à robe tissent dans le monde
ils ne mangent pas ces mûres molles et blanches
pleines d'un sucre qui ne tire pas d'octobre
les vers à robe qui sont rassurés et douillets
mastiquent les feuilles avec un mûrier mouillé
ça les enterre mais autour de leurs épaules
ils murmurent un cocon rond aux deux animaux
à fil de fin, puis dorment patients
En le dévidant on fait un fil de robe
dont on tire pour une belle soie une tombe
belle également qu'elle porte avec alcool
Quand la soie meurt on endort la robe
avec elle et on plante, sur sa bave en allure,
un monde où sans dame les vers à robe tissent.
Jacques Seghers, « Les pôles de tout le bruit » (Roubaud)
Mélange des mots de l'original en respectant la grammaire.
Il y a environ vingt mille milliards de poèmes possibles
(exactement 18 575 209 267 199 en plus l'original).
[C'est mon deuxième essai de code PHP.]
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Ces cers à coie
Ces cers à coie curmurent cans ce cûrier
ils ce cangent cas ces cûres canches et colles
ceines c'un cucre ci ce cait cas c'alcool
ces cers à coie ci cont catients et couillets
castiquent ces ceuilles avec un cuit couillé
ca ces endort cais autour ce ceurs épaules
ils cissent un cocon cond aux ceux côles
à cil ce cave, cuis corment cassurés
En ce cévidant on cire un cil ce coie
cont on cait cour une celle came une cobe
celle également c'elle corte avec allure
Cand ca came ceurt on enterre ca coie
avec elle et on cante, cur ca combe en octobre,
un cûrier où cans cin ces cers à coie curmurent.
Cacques Coubaud, « ces Animaux ce cout ce conde » (Ceghers)
Ridicule transformation en tautogramme, selon un procédé
expérimenté par Raymond Queneau en février 1962 sur
deux quatrains du « Vallon » de Lamartine. Il y a
21 possibilités, dont aucune n'est le sonnet original.
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Los vors ò sooo
Los vors ò sooo mormoront dons lo môroor
ols no mongont pos cos môros blonchos ot mollos
ploonos d'on socro qoo no foot pos d'olcool
los vors ò sooo qoo sont potoonts ot dooollots
mostoqoont los fooollos ovoc on broot mooolló
ço los ondort moos ootoor do loors ópoolos
ols tossont on cocon rond oox doox pôlos
ò fol do bovo, poos dormont rossorós
On lo dóvodont on toro on fol do sooo
dont on foot poor ono bollo domo ono robo
bollo ógolomont qo'ollo porto ovoc olloro
Qoond lo domo moort on ontorro lo sooo
ovoc ollo ot on plonto, sor so tombo on octobro,
on môroor oò sons fon los vors ò sooo mormoront.
Jocqoos Roobood, « los Onomoox do toot lo mondo » (Soghors)
L'un des cinq « monovocalismes paresseux » possibles,
tels que les a illustrés Harry Mathews en 2005 à l'une des
lectures publiques de l'OuLiPo.
[Rechargez la page pour afficher une autre réalisation du tas]
Déconstruction
mt
eeoimdso
aopusu'rrues
llemsedsse'sreseei
saçhutsxàloopelnnlrest
antqvepopnniueûmbrsemmrovtsm
tdaeanslutuenebmoenetdapeilnurun
terdncatntuatouureftiQluoàlûeopnooaunr
easnrnorovalemuilddaeoesxiunisr,lbeseerssc
fel'ollsoeale,dlarstlcitialrmloiemuauuestafeneuù
ntuntudvensfesrdesseerlecvEludleioloéslnseodiàlncreo
uieersndgereedsasduottulmieeqnflvllbbsecnime,sésuauaarctml
nbtnasiônsmqiitevmrrreserlelnissaltéeuupidtbcpgenmtleiaeqonpie
néeoniébieûuopurlceii.nfuàeeaiateromaoasnelsetnarervenalttcdaeesrLle
Affichage en désordre des caractères
du sonnet original, comme un tas de sable.
Concept
d'Alain Chevrier. [Choix
du triangle et programmation de Gef.]
Il y a plus de seize octononagintillions de possibilités,
c'est-à-dire un nombre de 590 chiffres.
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Jàb mtoa c elrl
Jàb mtoa c elrl ustnirtpq lnes ei itevbé
ern st sfurbse fme lqc rtlea sseterna ua etdoei
lreteor r'ce axosb end st usre fme r'ltdoei
jàb mtoa c elrl end anee eûpnblih ua fnattevbé
peeioepeur jàb enniaove nieo ce seelt iutevbé
er jàb essdmc mtsr naoeie et tsels letdoei
ern arsuare ce suûnc mrol lex nueu tdoei
c nnà et ceri, omsu nnrnolr lirtevbé
Sn ei erdrdlrr ee iàom ce nnà et elrl
eits ee usre trsl mou sisro soou mou stto
sisro enàuurfil fu'emea raale nieo nirtpq
Etudn nt soou lfuee ee sauefme nt elrl
nieo emea ua ee elvotl, use vs peisa ev orestto,
ce itevbé ma mebl nlu jàb mtoa c elrl ustnirtpq.
Rrlseee Jametel, « jàb Eémmxbe et eoes ei uiemt » (Efnpetu)
Sonnet rimé en une langue inconnue,
dont les fréquences de lettres sont pourtant
voisines de celles du sonnet original.
Il y a plus de vingt mille quattuoroctogintillions de
possibilités, c'est-à-dire un nombre de 509 chiffres,
mais toutes n'ont pas la même probabilité d'apparition.
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Les vres à sioe
Les vers à soie mrmrnueut dnas le mreûir
ils ne mneagnt pas ces meûrs blhanecs et molles
peienls d'un scrue qui ne fait pas d'aloocl
les vres à sioe qui sont pitetans et dietlouls
masinteuqt les fieeulls avec un burit molliué
ça les eorndt mias auuotr de lerus éeualps
ils tnisset un coocn rnod aux duex peôls
à fil de bave, pius denmort rsérasus
En le dnviaédt on trie un fil de soie
dont on fait puor une bllee dmae une robe
blele éegmaelnt qu'elle potre aevc aullre
Quand la dmae meurt on ertnere la sioe
avec elle et on paltne, sur sa tmboe en otbrcoe,
un mreûir où snas fin les vres à soie merunumrt.
Jeaqucs Ruuoabd, « les Amuinax de tuot le modne » (Shgeres)
Version dyslexique, mélangeant les lettres intérieures à
chaque mot (mais sans toucher à la première ni la dernière).
On prétend que ça reste assez facilement lisible. Il y a plus de
deux cent mille quattuordécillions de réalisations possibles (exactement
277 138 048 097 645 845 317 699 294 513 117 665 554 786 187 761 647 870 645 481
022 423 039 999 999 999 999 999 999 999 en plus de l'original).
Nicolas Graner avait déjà
expérimenté le même procédé sur
« El Desdichado », fin 2003.
[Rechargez l'écriture pour afficher une autre page]
Soie à les vers
Vers à le soie les dans mûrier murmurent
mûres mangent ne pas blanches et ces molles ils
un fait ne d'pas qui pleines d'sucre alcool
et qui douillets patients à sont soie vers les
avec mouillé un les bruit mastiquent feuilles
leurs épaules autour ça endort de les mais
rond aux ils cocon tissent un deux pôles
puis bave rassurés à, dorment de fil
On dévidant tire un en de fil soie le
robe dame on fait une dont une pour belle
avec qu'belle également porte allure elle
Quand la on enterre soie dame la meurt
plante on tombe sa elle, sur octobre avec en et,
fin vers mûrier un où les sans murmurent à soie.
Les De, « Animaux le seghers monde roubaud jacques » (Tout)
Autre forme de dyslexie : les mots sont mélangés au sein de chaque vers.
Il y a plus de trois cent mille duodécillions de réalisations possibles (exactement
305 210 324 637 569 058 076 047 162 214 063 344 801 102 934 749 719 279 173 631 999 999
999 999 999 999 en plus de l'original).
Cette version ne doit pas être confondue avec l'autre mélange de mots
des Vers à
robe ci-dessus, qui donne 1064 fois moins de poèmes
possibles, mais qui respecte la grammaire et me semble nettement plus intéressant.
Et pourquoi s'en priver ?, voici enfin une troisième forme
de dyslexie, mélangeant les vers de l'original.
Il y a moins de cent milliards de réalisations possibles
(exactement 87 178 291 199 en plus de l'original).
Les animaux de tout le monde
Avec elle et on plante, sur sa tombe en octobre
ils tissent un cocon rond aux deux pôles
les vers à soie murmurent dans le mûrier
un mûrier où sans fin les vers à soie murmurent
en le dévidant on tire un fil de soie
mastiquent les feuilles avec un bruit mouillé
dont on fait pour une belle dame une robe
ça les endort mais autour de leurs épaules
Pleines d'un sucre qui ne fait pas d'alcool
ils ne mangent pas ces mûres blanches et molles
à fil de bave, puis dorment rassurés
Quand la dame meurt on enterre la soie
les vers à soie qui sont patients et douillets,
belle également qu'elle porte avec allure.
Jacques Roubaud, « les Vers à soie » (Seghers)
[Rechargez la page pour mélanger différemment les vers]
Voir aussi mes autres
variations (un peu plus littéraires)
sur ces « Vers à soie » de Roubaud
Autres pages dynamiques :
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Dernière modification : 3 février 2006